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La puissance économique cachée des franchises canadiennes

13 avr. 2026Moteurs de croissance
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Deux femmes — l’une aux cheveux blonds attachés et l’autre aux cheveux bruns attachés —, toutes deux vêtues de chemises blanches et de tabliers foncés, consultent un ordinateur portable.

Lorsque l’on pense aux principaux piliers de l’économie canadienne, on fait souvent référence aux vastes ressources naturelles du pays, à notre base manufacturière résiliente ou à la stabilité de notre secteur financier. Mais il y a une autre puissance pourtant bien en vue qui contribue largement au PIB du Canada : les franchises.

Le Canada compte plus 1 200 réseaux de franchisés en activité, et le franchisage est si profondément ancré dans notre vie quotidienne que de nombreuses personnes ne se rendent peut-être même pas compte qu’elles font affaire avec un seul réseau. Le Canadien moyen interagit avec trois à cinq franchises par jour, et un dollar sur cinq dépensé pour un bien ou un service est versé à une franchise.

Ces sociétés sont également diversifiées. Bien que les franchises liées à l’hôtellerie, comme les restaurants, représentent environ 40 % du segment, le franchisage touche presque tous les aspects de l’économie, y compris le commerce de détail, les gymnases, les dépanneurs, les sociétés de construction, les postes d’essence, les services d’enseignement et les marques de rénovation domiciliaire.

En 2026, le franchisage devrait compter pour environ 133 G$ au sein de l’économie, soit environ 5 % du PIB du Canada. Toutefois, un aspect important qui est souvent mal compris est que le franchisage est un modèle d’affaires, et non un secteur. Si le franchisage était classé comme un secteur au Canada, comme l’énergie ou les services financiers, il se classerait au huitième rang des secteurs qui contribuent le plus à l’économie, tout juste derrière l’administration publique et avant l’éducation. Pourtant, malgré son ampleur et son importance, il est souvent négligé par rapport aux segments plus traditionnels.

« Il n’y a pas nécessairement de thème commun en ce qui concerne les obstacles à la croissance que rencontrent les différents types d’entreprises franchisées, explique Kelly Blankstein, cheffe des finances à A&W Food Services of Canada Inc. Par conséquent, les gouvernements tendent à nouer moins de relations et à moins s’engager auprès des associations purement franchisées, sauf dans à rares occasions. »

Cette incapacité de parler d’une seule voix en tant que secteur fait en sorte qu’il est plus difficile pour les franchisés et les franchiseurs de relever les défis qui peuvent entraver la croissance. Et comme les franchises sont un ensemble important d’employeurs et une porte d’entrée vers l’entrepreneuriat, cette fragmentation a des répercussions importantes sur l’ensemble de l’économie canadienne. C’est là que d’autres associations sectorielles comme Restaurants Canada interviendraient, mais tous les restaurants ne sont pas des modèles de franchise.

Les difficultés économiques entraînent des défis pour les franchises

L’inflation a été un défi persistant pour l’économie canadienne au cours des dernières années, et elle continue d’être un obstacle pour les franchises, car les marges sont comprimées et les propriétaires tentent d’éviter de refiler la hausse des coûts des intrants aux clients, car ils ont peur de les perdre.

Comme l’a soulevé une publication spécialisée sur le franchisage, les principaux franchiseurs cherchent également à adapter leurs chaînes d’approvisionnement ou à ajuster leurs offres dans un contexte d’incertitude commerciale à l’échelle mondiale.

Pour soutenir ses franchisés, A&W élabore constamment de nouveaux concepts et modifie ses formats, entre autres en choisissant des emplacements qui répondent davantage aux besoins des consommateurs utilisant le transport en commun dans des zones urbaines densément peuplées, et investit dans des applications mobiles et des technologies exclusives. « Le contexte économique est difficile pour tout le monde dans le segment de la restauration, reconnaît Mme Blankstein. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour faire croître le chiffre d’affaires et nous examinons attentivement chaque dollar que nous dépensons afin de rendre les activités de nos franchisés aussi rentables que possible. »

Pour Boston Pizza, il est essentiel de travailler avec les franchisés pour contrôler les coûts. À moins que les franchisés possèdent la propriété où ils exercent leurs activités, la hausse des taux de location peut exercer des pressions sur l’entreprise. Selon Felix DeCata, premier vice-président, Développement national de Boston Pizza, un point de référence raisonnable pour le segment est que les coûts des loyers réduisent les revenus tirés des ventes d’environ 8 %, mais ce pourcentage peut être plus élevé dans les centres urbains. Si ce chiffre grimpe à 12 %, c’est un signal d’alerte selon lui.

Les franchises sont essentielles pour les jeunes et les collectivités en croissance

Peu de segments au Canada ont une incidence plus importante sur le marché de l’emploi que celui des franchises. Un Canadien sur dix, soit environ 1,5 million de personnes, travaille actuellement pour une franchise, et des millions d’autres peuvent aussi dire qu’ils l’ont fait à un moment ou à un autre de leur vie. Pour bon nombre d’entre eux, c’était leur premier emploi, surtout dans les nombreuses petites collectivités du pays, où les franchises sont souvent l’un des rares employeurs capables d’embaucher des étudiants.

« Beaucoup de gens ont commencé leur carrière dans les services alimentaires et l’hôtellerie, explique Mme Blankstein. Non seulement cela donne une première chance aux jeunes et leur permet de travailler, mais je pense que cela leur permet aussi d’en apprendre beaucoup sur la façon de gérer du personnel, d’offrir un excellent service à des clients, de gérer des incidents et de résoudre des problèmes, ce qui est avantageux, quel que soit leur cheminement plus tard dans la vie. »

Selon une analyse de la Banque CIBC, comme les taux de chômage élevés devraient persister, en particulier dans les provinces populeuses comme l’Ontario et l’Alberta, il pourrait être plus facile pour les propriétaires de franchises de trouver de la main-d’œuvre sans que trop de pressions soient exercées sur les salaires, ce qui devrait aider ce marché à croître davantage.

Malgré tout, Mme Blankstein estime que les franchises pourraient jouer un rôle encore plus important dans l’économie canadienne si elles bénéficiaient d’un peu plus de soutien. Certaines franchises ont de la difficulté à recruter et à retenir du personnel, en particulier dans les collectivités rurales et les postes de premier échelon, où les salaires et les heures sont considérés comme moins intéressants. « Le gouvernement doit parrainer et soutenir les petites entreprises aux prises avec ce type de problèmes de main-d’œuvre au Canada afin de nous rendre plus concurrentiels », soutient-elle.

Les franchises aident les Canadiens à produire de la richesse

En plus d’offrir aux étudiants une occasion d’acquérir une précieuse expérience de travail, le franchisage est aussi une option que choisissent de nombreux nouveaux Canadiens, non pas en tant qu’employés, mais en tant que propriétaires. « Il y a beaucoup de gens qualifiés qui viennent d’autres pays et qui veulent s’établir ici, mais leurs titres professionnels ne sont peut-être pas reconnus, ajoute-t-elle. Mais ils sont prêts à travailler fort, alors le franchisage leur offre un moyen intéressant et à faible risque de se lancer eux-mêmes en affaires. »

Le franchisage offre aux entrepreneurs un modèle et un réseau éprouvés pour les aider à former leur personnel et à commercialiser leur entreprise, tout en réduisant les capitaux et les investissements nécessaires pour démarrer en affaires. Le rôle du franchiseur est d’aider les franchisés à renforcer leurs capacités, à leur offrir des services et du soutien ainsi qu’à mettre à profit son envergure afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs activités de base, soit celui de servir les clients, explique Mme Blankstein.

Bien que l’exploitation fructueuse d’une franchise puisse être extrêmement gratifiante, la plupart des propriétaires potentiels auraient de la difficulté à réunir tout le capital dont ils ont besoin pour démarrer leur première franchise. Beaucoup d’entrepreneurs ont suffisamment d’argent pour accéder à une franchise, reconnaît Mme Blankstein, mais une part importante de l’apport initial provient d’un prêt. À mesure qu’évolue l’entreprise, d’autres besoins en capitaux sont souvent financés par une combinaison de prêts et d’investissements.

Boston Pizza, pour sa part, relève ce défi grâce à son programme de jumelage, qui met les investisseurs en contact avec les exploitants. Une franchise pour un restaurant Boston Pizza peut coûter jusqu’à 2,5 millions de dollars, ce qui est une entreprise coûteuse à financer par soi-même. Si vous avez de l’expérience en exploitation, mais que vous n’avez pas les moyens financiers pour lancer votre entreprise, Boston Pizza vous aidera à trouver un partenaire financier pour vous.

« Nous avons eu beaucoup de succès dans nos tentatives de jumelage dans notre réseau », se réjouit M. DeCata.

Gérer une franchise est difficile, mais gratifiant

Une fois qu’un franchisé a un commerce florissant, il peut commencer à faire croître ses affaires en y ajoutant des unités pour prendre de l’expansion ainsi que procéder à un partage des ressources, comme les services des ressources humaines et des finances, afin de réduire les coûts. Certains utilisent même leur envergure pour ouvrir des entreprises adjacentes, à condition que celles-ci ne soient pas des concurrentes directes. « Certains de nos franchisés ont un restaurant A&W ou Wendy’s, d’autres ont un magasin Canadian Tire, explique M. DeCata. Si vous faites affaire sous l’une de ces bannières, vous comprenez la structure et le programme de franchisage et, pour nous, c’est un avantage. »

Devenir franchisé peut vous permettre de vous engager sur un chemin clair vers le succès, mais vous devez être prêt à mettre la main à la pâte. « Certaines personnes pensent qu’un modèle de franchise est un système éprouvé et qu’il est donc très simple de se lancer, prévient Mme Blankstein. Je ne pense pas que ce soit le cas pour aucun des modèles de franchise; vous devez être prêt à travailler très fort et, si vous le faites, vous serez récompensé pour vos efforts. »

Les propriétaires de franchises n’ont jamais hésité à se retrousser les manches, mais ils devront faire encore plus d’efforts pour veiller au maintien de ce qui est devenu un aspect essentiel de l’économie. Qu’il s’agisse de pourvoir des postes de premier échelon ou d’adopter des outils numériques modernes, le segment fait face à un certain nombre d’obstacles. Que ce soit au moyen d’incitatifs à l’embauche, de soutien aux investissements technologiques ou d’appui à l’entrée des nouveaux franchisés dans le segment, le gouvernement et les entreprises doivent travailler de pair pour renforcer ce pilier clé de l’économie canadienne.

Services de franchisage

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Contributeurs
Un homme à la tête rasée de près, portant une veste de costume sombre et une cravate rouge, sourit à la caméra.

Romal Bryce

Vice-président de marché, Programmes sectoriels nationaux

Groupe Entreprises CIBC

Un homme aux cheveux gris et à la barbe grise rasée de près, portant une veste de costume sombre, une chemise blanche et une cravate bleu clair, sourit à la caméra.

Greg Windle

Directeur en chef et responsable, Services de franchisage et Services aux opérations

Groupe Entreprises CIBC