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Dans ce nouveau monde, la stratégie de défense est maintenant une stratégie économique

10 sept. 2026Défense et resilience
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Un homme et une femme, portant tous deux un casque de protection blanc, regardent six écrans d’ordinateur.

Cet article a d’abord paru dans le Globe and Mail.

Cette semaine, alors que les investisseurs du monde entier se réunissent à Toronto à l’occasion du tout premier Sommet canadien de l’investissement, les sujets de discussion ne manqueront pas, allant des ressources naturelles à l’intelligence artificielle en passant par la technologie. Un message résonnera plus que les autres : la défense n’est plus une considération secondaire dans les décisions d’investissement. Il s’agit à la fois de stratégie économique, de politique industrielle et de résilience.

Dans le passé, sécurité et prospérité faisaient l’objet de conversations distinctes. Cela ne peut plus durer. Les récents événements géopolitiques nous ont montré que le monde devient plus complexe et moins prévisible. Les chaînes d’approvisionnement sont un terrain stratégique, les données, un espace contesté. L’énergie, les infrastructures et les minéraux critiques sont désormais des instruments de puissance nationale.

Les alliés de l’OTAN se sont engagés à investir 5 % du PIB d’ici 2035 pour renforcer notre sécurité collective. Pour le Canada, l’ampleur de la réponse pourrait s’avérer transformatrice. La Stratégie industrielle de défense du gouvernement fédéral prévoit plus de 500 milliards de dollars d’investissements cumulés d’ici 2035. Judicieusement utilisés, il s’agit d’une occasion unique de bâtir une capacité de production durable.

Voir cela seulement comme un programme militaire serait une erreur. La véritable occasion réside dans les investissements à double usage : des infrastructures qui répondent aux besoins civils et de sécurité; des projets industriels qui renforcent les capacités nationales tout en intégrant les chaînes d’approvisionnement des alliés.

Prenons l’Arctique. Les investissements dans cette région sont souvent présentés comme des placements lointains ou régionaux. Ils ne sont ni l’un ni l’autre. Les capacités de l’Arctique relèvent de la souveraineté, de la logistique et de la dissuasion. Ce sont également les routes, les ports, les réseaux énergétiques et la connectivité qui peuvent stimuler la croissance des collectivités longtemps négligées par les capitaux. Prenons maintenant les minéraux critiques. Le Canada produit dix des douze matières premières essentielles à la défense de l’OTAN. Il s’agit d’un avantage stratégique que nous ne pouvons pas négliger.

Et puis, il y a la technologie : la prochaine génération de capacités de défense sera façonnée autant par le code source que par l’acier. La cybersécurité et les infrastructures numériques sont maintenant au cœur de la sécurité nationale. Les pays chefs de file dans ces domaines ne se défendront pas seulement plus efficacement; ils attireront des talents, généreront de la propriété intellectuelle et bâtiront des entreprises de calibre mondial.

Dans l’ensemble de l’écosystème de la défense, nous entendons souvent dire que même si de nombreuses PME ont l’expertise technique et l’importance stratégique nécessaires pour réussir, elles n’ont pas toujours accès au financement de croissance nécessaire pour prendre de l’expansion. Cette lacune est importante. Si les capitaux tardent à venir ou s’ils tâtonnent, les sociétés prometteuses stagnent ou migrent vers des territoires qui évoluent plus rapidement. Lorsque les talents suivent les capitaux, les pays perdent plus que des entreprises. Ils perdent du potentiel.

Ces entreprises ont besoin de partenaires qui reconnaissent l’importance stratégique de leur travail et les occasions d’affaires que cela représente.

Le secteur financier a un rôle important à jouer. Les banques et les investisseurs devraient se poser des questions qui portent sur des sujets autres que le rendement conventionnel. Ils devraient aussi se demander quel type de base industrielle leurs capitaux contribuent à bâtir et si cela renforce la résilience dans les secteurs qui comptent le plus. Nous entendons l’appel à l’action du gouvernement, ainsi que celui des PME : un meilleur accès aux capitaux est nécessaire. Nous répondons à cet appel de façon opportune.

C’est pourquoi la Banque CIBC s’engage fermement envers l’écosystème du secteur de la défense. Nous annonçons une nouvelle cible en matière de défense et de résilience : un engagement de 2 milliards de dollars en capitaux pour soutenir les petites et moyennes entreprises du secteur de la défense. Ce n’est que le début de notre engagement financier. Il s’agit d’un plan solide fondé sur une vision à long terme et sur notre confiance à l’égard des entreprises canadiennes. Aux entreprises qui sont à la hauteur de l’enjeu, nous leur disons clairement que nous sommes à leurs côtés. À nos alliés de l’OTAN, nous leur disons que notre engagement à l’égard de la sécurité de notre alliance est indéfectible.

Il s’agit, au fond, d’un prolongement de notre raison d’être fondatrice. Une banque de commerce doit contribuer à favoriser le commerce à l’endroit et au moment où cela compte le plus. En 1867, cela signifiait financer les chemins de fer et les infrastructures nationales qui ont contribué à unir une nouvelle Confédération. En 2026, cela signifie financer les capacités qui permettront au Canada et à ses alliés de rester en sécurité et productifs dans un contexte géopolitique plus fragmenté.

Nous savons qu’à notre époque, l’édification du pays ne ressemblera pas à celle du passé. Bien que l’accent soit mis sur l’infrastructure physique, elle se dirige également de plus en plus vers une capacité stratégique en matière de technologie, d’énergie, de minéraux critiques et de défense. Notre investissement montre que nous sommes prêts à soutenir la promesse des Canadiens avec conviction.

Notre ambition pour le Canada est simple : devenir un pays plus productif, fiable, innovant et résilient. Un pays qui favorise les partenariats mondiaux et qui sait qu’il peut façonner un avenir ambitieux dans un monde incertain.

Contributeurs

Harry Culham

Président et chef de la direction

Banque CIBC